MCPB

Mémoire    
du Camp          
de Prisonniers
de Buglose      

"Quand le Passé n'éclaire plus l'Avenir, le Présent marche dans les ténèbres"
(de Tocqueville)

1939

Construction du site


La drôle de Guerre

Le décor : Une dizaine de baraques, fin des années 30, près de la gare de Basta sur l’emplacement actuel de la zone industrielle. Elles furent construites pour accueillir des femmes et enfants réfugiés fuyant la guerre civile espagnole. En septembre 1939 la guerre contre l’Allemagne est déclarée et se termine rapidement par un triste armistice le 22 juin 1940. Tous les combattants y compris nos Coloniaux prennent le chemin de la captivité vers l’Allemagne. Hitler avait besoin d’une main-d’œuvre bon marché. Hélas, en raison d’un climat continental rigoureux, nos Coloniaux se révèlent peu efficaces et de plus le risque d’un contact avec la population féminine est redouté. Il faut préserver une race pure, aryenne. Il est donc décidé de rapatrier ce monde vers le Sud de la France. Les baraques de Basta, après une rapide évacuation des Espagnols accueillent les premiers prisonniers venant du Frontstalag (camp de travail) Polo-Beyris de Bayonne. L’espace est étroit et l’occupant réquisitionne une douzaine d’hectares de forêt route de Laluque où il construit un très grand camp.

1940 - 1944

Les Prisonniers coloniaux

En juillet 1940 140 000 prisonniers sont répartis dans 22 camps de travail dont 5 en Aquitaine (Poitiers, Saint Médard, Bayonne Angoulême, Onesse-Laharie. Tous les détenus sont utilisés pour la construction du Mur de l’Atlantique, les travaux forestiers (poteaux de mines), l’extension de la base aérienne de Mont de Marsan. Ils sont répartis à la demande de la trentaine d’ Arbeitskommando (groupe de travail commandé) installés dans le Sud-Ouest. Celui de Buglose dépend de Bayonne ( Frontstalag 222), une inspection réalisée par la Croix Rouge française recense entre juillet et novembre 1941, 598 prisonniers d’origines marocaines, algériennes, sénégalaises, malgaches, ivoiriennes, guinéennes, soudanaises dahoméennes indochinoises.

1945-1948

Les Prisonniers de guerre allemands

Le 24 août 1944, dans la nuit, les gardiens allemands désertent subitement le camp, les prisonniers se réveillent libres. Quelques mois après, en 1945, le camp accueille les prisonniers allemands en provenance du centre de regroupement de Rennes. Après un voyage épuisant de huit jours sur des wagons plates-formes, le train en direction de Bayonne marque un arrêt en gare de Basta. Plusieurs centaines d’hommes exsangues descendent et se dirigent à pied vers le camp distant de 6 kilomètres. La plupart sont fatigués et malades, sur cette route mourront plusieurs dizaines de prisonniers obligeant les nouveaux gardiens à créer un cimetière ainsi qu’un hôpital. Les hommes aptes au travail sont employés aux travaux forestiers, au déminage du littoral atlantique, à la voirie de quelques communes, d’autres seront engagés dans des fermes avoisinantes. Leur libération interviendra dans les années 1947-1948.

23 Janvier 2009

La tempête KLAUS

L’ouragan traverse le Sud de la France pour finalement disparaître sur le cap de Bonifacio qui sépare la Corse et la Sardaigne. Sur son passage, il dévaste la région, Saint Vincent de Paul, petit village situé à deux heures de route de Bordeaux, connu comme lieu de naissance du Saint et sa basilique Notre-Dame de Buglose, lieu de pèlerinage. La violente tempête déracine une grande partie de la forêt communale. Elle rend ainsi visible des fondations qui, jusque-là, étaient restées dissimulées dans la végétation. La pignada rasée, désormais, n’existe plus. Subsistent les ruines d’un Camp de Prisonniers dont seuls quelques Anciens se souvenaient. Les enfants de l’époque avaient l’interdiction d’approcher ces lieux. Sorties de l’oubli elles font désormais partie du Patrimoine Historique de la commune.

2011-2012

Naissance de l'association :
Mémoire    
du Camp          
de Prisonniers
de Buglose      

Il faut réparer les dégâts. Alors que faire ? La municipalité se pose la question. Faire intervenir des engins de travaux publics, extraire et évacuer des tonnes de blocs de béton, niveler et nettoyer le terrain et replanter comme partout à travers la lande : c’était sûrement plus simple mais très onéreux. Ou alors…et pourquoi pas ? préserver ce site et en faire un lieu de Mémoire. La deuxième solution a été retenue par les édiles, et une association s’est créée. A partir de ce moment un petit groupe de passionnés se mit au travail, gigantesque pari, jouable à condition de ne mesurer ni le temps ni les efforts. Il faut dégager le sol recouvert de branchages et déchets divers, avec des moyens pauvres, brouettes, pelles, pioches etc… Les périodes de repos seront consacrées à l’inévitable et fastidieuse recherche dans les diverses archives. L’association MCPB a pour but d’enrichir le patrimoine local en aménageant ce site et transmettre aux générations futures le souvenir d’un Passé qu’il ne faudrait jamais revivre.

2012 à aujourd'hui

La Mémoire émerge !

Les membres actifs de l’association travaillent chaque semaine tous les mardis matin, certains se permettent des « extras » en dehors de ces jours. Petit à petit le camp a retrouvé son aspect d’origine, au moins dans ses marques. Les structures ont bien sûr disparu après l’évacuation définitive. On peut l’imaginer tel qu’il était, son accès en est aujourd’hui aisé. A l’entrée un mirador a été construit à l’authentique à partir de documents d’époque y compris la mitrailleuse « Maxim » fabriqué gracieusement par un mécène local. Une pancarte rappelle que l’endroit veut être un lieu de réconciliation et de fraternité entre les peuples. Plusieurs historiens spécialisés venu découvrir le site disent qu’il est très intéressant dans son état de conservation et peut-être unique dans son genre sur le sol français. Aujourd’hui, tout le long de l’année, des visiteurs individuels ou en groupe, des écoles, collèges, lycée, des documentaristes, des producteurs et réalisateurs de cinéma et télévision, des journalistes se succèdent (des visites gratuites sont organisées sur demande à l’association).